Culture. Les festivals comme vitrine des arts africains

L’Afrique organise une foultitude d’événements cinématographiques et de foires musicales, du livre ou de sculpture chaque année. Un moyen de rappeler son génie artistique. 

Ouagawood est considéré comme le monde du cinéma burkinabé, une constellation de productions du terroir qui ont conquis de millions de téléspectateurs en Afrique et de la diaspora africaine dans le monde. Mais c’est bien le Fespaco (Festival panafricain de la culture de Ouagadougou) qui a fait de la capitale burkinabé une des valves qui fait battre le cœur du cinéma africain. Créé en 1969, le Fespaco a déjà réussi à favoriser la diffusion des œuvres du cinéma africain. Grâce à son prestigieux prix, l’Etalon de Yannenga, ce festival du film parmi les plus célèbres en Afrique subsaharienne est le lieu d’adoubement annuel du génie artistique sur grand écran. 

Le Fespaco a un pendant en Afrique centrale, le festival « Ecrans Noirs ». Il a été créé en 1997 par le réalisateur Bassek Ba Kobhio, auteur, entre autres, des films « Sango Malo » et « Le grand Blanc de Lambaréné ». La 22ème édition de ce festival s’est tenue du 14 au 22 juillet à Yaoundé, mais avec une décentralisation de certaines projections dans les capitales des pays d’Afrique centrale. Ce qui permet aux « Ecrans Noirs » de réaliser son objectif de promouvoir et valoriser les cinémas d’Afrique et du Monde Noir auprès des masses africaines notamment. 

Deux millions de visiteurs au Mawazine 

Le Festival international du film du Caire, fondé en 1976, est aussi un vieux rendez-vous en terre d’Egypte pour le cinéma africain mais aussi arabe. Au Maroc, il existe une dizaine de festivals consacrés au cinéma, y compris les films d’animation. Au total, une vingtaine de pays africains disposent d’un ou de plusieurs événements de promotion du cinéma, qui sont autant de plateformes. Il faut y ajouter les festivals organisés à travers le monde et consacrés aux films africains. 

Mais il n’y a pas que le cinéma en Afrique, il y a aussi et sans doute beaucoup plus des festivals de musique, qu’elles soient modernes ou bien ancrées dans les traditions. Le festival Mawazine est probablement le plus couru de tous, avec ses deux millions de visiteurs. Sa programmation s’ouvre aussi aux Africains Américains comme Rihanna, Stevie Wonder ou Pharrell Williams. Il se tient à Rabat au Maroc. Le royaume chérifien abrite également le Oasis Festival, né seulement en 2015 et déjà un rendez-vous des nouvelles tendances musicales. Il va rassembler les festivaliers cette année du 14 au 16 septembre à Marrakech. 

Bien moins connu est le festival Sauti za Busara, organisé à Zanzibar et qui fait la part belle aux talents africains. Le Malawi, l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Egypte et une dizaine d’autres pays africains y démontrent l’éclectisme des productions et préférences musicales africaines, qui vont du jazz à la musique électronique. Le Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (Femua) en Côte d’Ivoire est un concept qui vise à amener la musique et leurs stars dans les masses populaires africaines. Créé par le groupe Magic System, il va entrer dans l’histoire en 2016 en enregistrant la mort en direct et sur scène du célèbre chanteur de rumba congolais Papa Wemba. 

L’art contemporain africain s’exprime 

La Côte d’Ivoire abrite par ailleurs le Marché des arts et du spectacle d’Abidjan, qui revient en 2018 après quelques années d’arrêt. Il promeut la musique, la danse et le théâtre. La capitale sénégalaise présente le Dak’Art pour la valorisation des arts plastiques, y compris l’art contemporain. Le même concept que le Doual’Art de la capitale économique camerounaise, dont les artistes taguent les rues. Du street art. 

Le Festival mondial des arts nègres, sans doute le plus grand rassemblement mondial des arts et cultures noirs, a tenu sa dernière édition en 2010. Il n’en était qu’à sa troisième édition, mais avait mobilisé les nations nègres autour de ses dimensions festive et intellectuelle. Fondé par Léopold Sédar Senghor dans les années 60, ce festival a tenu sa première édition à Dakar pendant plus de trois semaines avril 1966. Des figures de la culture noire comme Aimé Césaire, Jean Price-Mars, Duke Ellington, Joséphine Baker, Aminata Fall et bien d’autres, s’y sont retrouvés. Ce fut l’occasion de présenter les arts plastiques, la littérature, la musique, la danse ou encore le cinéma africains. La troisième et dernière édition, après la deuxième de Lagos au Nigeria, a été organisée à par Abdoulaye Wade. 

Fort heureusement, partout en Afrique fleurissent et grandissent des festivals de promotion des arts et de la culture qui valorisent la richesse, la diversité et le génie de la création sur le continent. 

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