Perspectives économiques pour l’Afrique en 2018

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Selon les prévisions de la Banque mondiale, la croissance en Afrique devrait s’accélérer pour atteindre 2,6% en 2017 et 3,2% en 2018 grâce, d’une part, à une augmentation modérée des prix des produits de base et, de l’autre, aux réformes visant à corriger les déséquilibres macroéconomiques.  Le PIB par habitant devrait quant à lui se contracter de 0,1 % en 2017 avant d’enregistrer une modeste croissance de 0,7 % sur la période 2018-2019.

Selon la dernière édition d’Africa Pulse (octobre 2017), un rapport semestriel de la Banque mondiale qui analyse l’état des économies africaines, la croissance économique en Afrique subsaharienne devrait ressortir à 2,4 % en 2017, contre 1,3 % en 2016. Le rapport relève que cette croissance était encore modérée et inférieure aux anticipations d’avril dernier, qui tablaient sur une progression de 2,6 %.

De bons points en 2017

Cette croissance certes molle est tirée par les deux principales locomotives économiques du continent, l’Afrique du Sud et le Nigéria, qui ont renoué avec la croissance après respectivement deux et cinq mois de performances négatives, entraînant dans leur sillage la croissance régionale.

Autre facteur ayant agi en faveur de la croissance, l’amélioration de la conjoncture internationale. Ceci à la faveur notamment de la hausse des cours des produits issus des industries extractives et du retour des flux de capitaux.

En plus de l’Afrique du Sud et du Nigeria, qui renouent avec la croissance, les meilleurs résultats devraient être obtenus par l’Éthiopie avec des prévisions de croissance de 8,3 % en 2017, la Tanzanie, 7,2 %, la Côte d’Ivoire de 6,8 % et le Sénégal de 6,7 %.

Des points positifs donc, mais insuffisants pour accroitre le revenu par habitant en 2017 et promouvoir une prospérité généralisée et accélérer la réduction de la pauvreté.

Une croissance à plusieurs vitesses

En plus d’être molle, la croissance enregistrée en Afrique connaît une reprise à plusieurs vitesses : les économies des pays les moins tributaires des matières premières, à l’exception de ceux exportateurs des métaux, ont pu tirer leur épingle du jeu.

 

Le rapport de la Banque mondiale note que l’inflation globale est restée stable dans la région en 2017, aidée en cela par la stabilité des taux de change et la hausse de la production vivrière qui ont atténué la hausse des prix des produits alimentaires.

Par contre, les mesures d’ajustement budgétaire n’ayant pas permis de réduire significativement les déficits, le rapport note que « cette situation rejaillit sur l’endettement public, toujours élevé ». Pour en sortir, l’institution de Bretton Woods suggère que les pays de la région redoublent d’efforts pour remédier à l’insuffisance des recettes et contenir les dépenses afin d’atteindre l’équilibre budgétaire.

Perspectives difficiles pour la CEMAC

À terme, le rapport de la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne devrait bénéficier d’une reprise modérée de l’activité économique, avec une projection de croissance estimée à 3,2 % en 2018 et 3,5 % en 2019. Le rapport se fonde, d’une part, sur la stabilisation des cours des matières premières et la hausse progressive de la demande intérieure et, d’autre part, sur l’atténuation de l’inflation et de politiques monétaires accommodantes.

Le rapport de la Banque mondiale soutient que les perspectives restent difficiles pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).  Les pays de cette zone sont en effet contraints de s’ajuster à la faiblesse des cours du pétrole qui diminue leurs recettes et augmente leur dette.

Situation différente pour les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) devraient connaitre un essor économique porté par de solides investissements publics, surtout en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

En ce qui concerne la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), l’Éthiopie devrait rester la première économie malgré la baisse attendue des investissements publics. Pour la Banque mondiale, la croissance devrait bénéficier de l’atténuation des pressions inflationnistes au Kenya et se stabiliser en Tanzanie grâce à un rebond des investissements.

Perte d’efficacité des dépenses d’investissement

Pour la Banque mondiale, « la hausse de l’accumulation du capital s’est accompagnée d’une perte d’efficacité des dépenses d’investissement dans les pays dont l’économie est moins résiliente, contrairement à ceux où l’activité a bien résisté aux chocs ». D’où la nécessité pour les pays qui veulent profiter pleinement du rebond des investissements, de s’atteler aux causes de leur inefficacité à savoir, notamment, « l’insuffisance des compétences et autres capacités à adopter les nouvelles technologies, les effets de distorsion de certaines politiques et des problèmes d’allocation des ressources ».

Par ailleurs, le rapport de la Banque mondiale, la plupart des pays doivent améliorer la qualité de leurs dépenses afin de les rendre plus efficaces et efficientes. Cela passe par deux arbitrages difficiles : trouver le juste équilibre entre, d’une part, les investissements qui favorisent une hausse globale de la productivité mais aussi l’inclusion, et, d’autre part, entre les investissements axés sur les compétences de la population active d’aujourd’hui et ceux orientés vers la main-d’œuvre de demain.

 Marc Omboui

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