Les négociations en vue d’une zone de libre-échange continentale (ZLEC) en Afrique ont été formellement lancées en juin 2015 lors du sommet de l’Union africaine (UA) à Johannesburg. EN juillet 2017, un accord a été annoncé.

Élément-phare de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, la ZLEC attend depuis son paraphe par les gouvernements de 44 pays africains en mars dernier, le début du processus de ratification pour que cet accord du marché unique entre en application. En effet, pour que la ZLEC soit effective, il faut que les parlements d’au moins la moitié des signataires – 22 pays – le ratifient. L’objectif est d’y parvenir à l’échéance de janvier 2019.

Au regard de l’engagement perçu au sommet de l’Union africaine de Kigali qui a vu naître la ZLEC, ce quorum devrait être atteint. Alors l’Afrique pourra mettre en œuvre l’union douanière à l’échéance 2022, et la communauté économique africaine, objectif final, d’ici à 2028. Un projet historique que le président de la commission de l’UA, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, classe à la suite de la création de l’OUA (Organisation de l’unité africaine, devancière de l’Union africaine) à Addis-Abeba en 1963, du Traité d’Abuja instituant la Commission économique africaine en 1991 et du premier sommet de l’Union africaine à Durban en 2002.

Le rêve des pères-fondateurs de l’OUA

C’est une longue marche qui a abouti au « jour historique à Kigali », le 21 mars 2018, comme s’en sont satisfaits les participants au 17ème sommet des chefs d’Etat et de gouvernement réunis dans la capitale rwandaise. On peut même dire que l’idée de la création d’un marché commun est aussi vieille que le rêve des Etats-Unis d’Afrique porté par les pères fondateurs de l’OUA.

La décision de lancer le projet de zone de libre-échange continentale a été prise en janvier 2012, au cours de la 18ème session ordinaire de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, avec l’objectif de le faire aboutir cinq ans plus tard. Mais c’est le 15 juin, au 25ème sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement que les négociations sont formellement lancées, après la signature du traité de libre-échange.

Le chef de la division de la Coopération douanière de la commission de l’Union africaine, Aly Iboura, a rappelé quelques étapes de la préparation technique pour l’établissement de la ZLEC. « 10 réunions du Groupe de travail continental sur la ZLEC ont été organisées pour préparer des documents à l’intention des institutions de négociation de la ZLEC. 03 réunions de hauts fonctionnaires du commerce ont été organisées immédiatement après les réunions des ministres du Commerce de l’UA en mai 2016, novembre 2016 et juin 2017 », a-t-il témoigné.

Le 27ème sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA qui s’est tenu à Kigali en juillet 2016 avait reçu un rapport sur l’état d’avancement de la ZLEC, avant de réaffirmer son engagement pour l’accélération du processus de la ZLEC d’ici 2017.

Un marché de plus de 1,2 milliard de consommateurs

Depuis le Traité d’Abuja instituant la Commission économique africaine (CEA) en 1991, la ZLEC était devenue incontournable. Elle est l’étape qui met en commun les zones sous-régionales de libre-échange créées dans les différentes parties de l’Afrique. Huit communautés économiques régionales coexistent encore(L’Union du Maghreb arabe (UMA), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), le Marché commun de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe (COMESA), la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD.

Ces communautés économiques ont, chacune, son rythme de mise en œuvre de l’intégration économique, ses succès et ses échecs, notamment un faible pourcentage d’échanges commerciaux intracommunautaires. Quelquefois, un pays peut appartenir à plusieurs communautés. En Afrique centrale par exemple, un pays appartient normalement à la CEMAC et à la CEEAC, mais peut aussi être membre de la Communauté économique des pays des grands lacs (CEPGL). D’où la mise en place du comité de pilotage de rationalisation des communautés économiques régionales en Afrique centrale, pour fusionner ces sous-groupes en une seule communauté économique régionale de l’Afrique centrale.

En juin 2015, les prémisses d’une ZLEC ont été amorcées avec le traité de la zone tripartite de libre-échange de Charm-El-Cheikh qui a regroupé le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Sa ratification a pris du retard, donnant le temps à la ZLEC de se mettre en place pour intégrer l’ensemble des communautés économiques régionales en un vaste et unique marché africain de 1,2 milliard de consommateurs et au PIB de 2 500 milliards de dollars.

Parfait N. Siki

 

 

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