Il est indéniable que l’Afrique n’a plus besoin de perfusions occasionnelles pour son rendement économique. Parmi les besoins essentiels, l’énergie – surtout électrique – doit être démultipliée mais se trouve à la croisée des chemins. Face à l’urgence et l’exigence environnementale, quelques voies se font jour et les nouvelles orientations de la Banque africaine de développement en font une priorité.

On en retrouve d’abord dans un Plan d’action pour l’Afrique initié par l’Union africaine (UA) et le Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD). Le document contient des objectifs stratégiques, recadrés avec le temps et la situation économique mondiale, qui passent principalement par la promotion de l’intégration régionale et continentale dans plusieurs secteurs dont celui de l’énergie.

Le premier constat des experts des deux institutions a été de rappeler l’immensité du potentiel inexploité d’énergie renouvelable. « Les pays africains possèdent en effet une capacité énorme de production hydroélectrique exploitable, estimée à 13 % du total mondial, disent-ils. Mais moins de 7% du potentiel africain a été exploité jusqu’à présent. L’énergie solaire est aussi répandue sur le continent et un grand nombre de pays africains ont des radiations solaires quotidiennes qui égalent 5‐6 kWh/m2. Une quinzaine de pays africains côtiers ont un potentiel excellent d’énergie éolienne. Utilisant la technologie actuelle, la région pourrait produire 9 000 MV d’énergie électrique géothermale. En outre, le potentiel d’amélioration de l’efficacité énergétique est appréciable ».

Pour réaliser le grand potentiel énergétique de l’Afrique, l’UA et le NEPAD s’efforcent, en partenariat avec des organismes nationaux, régionaux, continentaux et mondiaux, de promouvoir un programme intégré d’intégration régionale dans le secteur de l’énergie. Ces initiatives comprennent le développement et la mise en exploitation de marchés d’électricité régionaux et le développement de possibilités d’exporter la capacité de production énergétique excédentaire de l’Afrique au reste du monde. Une démarche d’intégration régionale énergétique en Afrique créera une situation doublement gagnante pour tous les intervenants concernés.

La BAD dans la danse

Une autre institution, la Banque africaine de développement (BAD), dispose d’un projet de développement du secteur de l’énergie en Afrique décliné en plusieurs tranches. « La BAD estimait à 547 milliards $US la totalité des moyens nécessaires à la réalisation du scénario de l’accès universel à une énergie électrique fiable et de plus en plus propre dans l’ensemble des 53 pays membres régionaux d’ici à 2030, ce qui implique des besoins d’investissement annuel moyen de l’ordre de 23,8 milliards $US. Les sources privées joueront, certes, un rôle de plus en plus important dans le financement d’investissements à haut rendement dans des délais relativement courts, mais une grande part des investissements à long terme dans le secteur devra être financée par des ressources publiques. »

Les domaines dans lesquels le Groupe de la Banque Africaine de Développement entendait focaliser son appui au secteur de l’énergie en Afrique sont les énergies renouvelables, l’hydroélectricité et la bioénergie. « Cette dernière faisant référence à la biomasse et aux biocarburants qui sont une ressource renouvelable abondante et la plus couramment utilisée en Afrique sub-saharienne. En dépit de ses problèmes potentiels, le recours à la bioénergie dans les agro-industries (le terme agro-énergie découle de l’utilisation des déchets et des sous-produits de la biomasse pour produire de la chaleur et générer de l’électricité ainsi que pour produire des combustibles liquides) offre des opportunités attrayantes pour la fourniture de services énergétiques bon marché, modernes et disponibles localement. »

Stratégie du secteur de l’énergie

En droite ligne avec les objectifs et les principes ci-dessus mentionnés, la BAD a élaboré des stratégies à moyen terme. La première concernait deux grands domaines stratégiques : l’accès aux services énergétiques fiables et abordables pour tous ainsi que la croissance sobre en carbone dans le secteur de l’énergie et l’évolution vers des énergies plus propres et l’efficacité énergétique.

Ce sont donc là des axes de développement et d’accompagnement, parmi les plus sérieux, qui se portent au chevet d’un secteur lourd en termes d’exploitation et de gestion. Avec des engagements aussi fermes que ceux de ces groupes, il y a fort à parier qu’une grande partie des objectifs seront atteints. L’optimisme ici est de rigueur en raison des conditions strictes imposées aux pays membres régionaux, obligés de s’astreindre à une certaine rigueur managériale.

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