Afrique subsaharienne : L’écotourisme comme accélérateur de croissance ?

Si le tableau de bord de l’affluence touristique subsaharienne affiche des chiffres encourageants, de nombreux efforts restent à faire pour donner plus d’attrait aux destinations subsahariennes. Parmi les solutions envisagées figure l’écotourisme qui se développe à l’ombre du tourisme de masse dont il peut être un complément majeur.

L’importance de ce segment du développement durable a véritablement été inscrit à l’agenda des politiques gouvernementales en 2002, décrétée Année internationale de l’écotourisme par les Nations-Unies. Au moi de mai de cette année là, La Déclaration -dite- de Québec précisait trois critères principaux de l’écotourisme : le respect de l’environnement, le bénéfice aux communautés locales et la qualité de l’expérience du touriste dont le voyage s’inscrit dans une démarche cognitive.

On a longtemps cru que l’offre la plus avantageuse pour les touristes était sable et soleil. Aujourd’hui, une nouvelle catégorie de voyageurs a vu le jour et depuis le début des années 90, parcourt le monde. L’Afrique subsaharienne peut représenter une escale de choix dans leur périple aventurier.

La diversité de l’Afrique dans son ensemble et les spécificités du sud-Sahara établissement des conditions idéales et évidentes pour un développement durable tout court. Pour l’instant, les écotouristes affluent en Afrique du sud et de l’Est (Kenya et Tanzanie particulièrement) parce que ces régions ont pu établir des structures et des circuits correspondant parfaitement à cette niche de voyageurs.

Il y a une quinzaine d’années, des organismes internationaux s’étaient particulièrement penchés sur cette problématique écotouristique lors d’un séminaire à Maputo (Mozambique). Il en est ressorti plusieurs constats dont la richesse du continent africain. Ce dernier présente une offre de vastes zones protégées que caractérise une grande variété d’écosystèmes et de cultures traditionnelles propre à attirer le tourisme axé sur la nature.

Dans nombre de pays, d’immenses réserves et parcs nationaux permettent traditionnellement aux touristes d’observer les animaux. Beaucoup de formes d’écotourisme sont pratiquées dans des zones naturelles ayant différents statuts et différentes structures de gestion auxquelles sont associés des partenaires de tous les secteurs de la société.

Des étendues du désert du Sahara aux franges de l’Afrique équatoriale, de nombreux sites ont été identifiés par de nombreux tour-opérateurs comme destinations de premier ordre. Si le safari continue à croître, la faune, la flore et l’habitant représentent les nouveaux produits pour un dépaysement de qualité.

Plusieurs rapports indiquent que le cœur de cette dynamique est le Bassin du Congo avec ses 200 millions d’hectares de forêt tropicale, paradis des botanistes et des zoologistes. À cette zone s’adosse l’Afrique de l’Ouest dont l’arrière-pays recèle des pépites aussi scintillantes que les plages de sable fin de sa frontale atlantique.

Cependant, le succès de l’entreprise écotouristique dépend également d’une mise en place intégrée des investisseurs, de l’administration publique et des intervenants locaux. Et à cet effet, beaucoup de travail reste à faire pour profiter d’un secteur dont la croissance est à deux chiffres depuis une décennie.

Les experts le disent si bien en expliquant que les gouvernements n’ont pas suffisamment investi dans la formation de professionnels de la planification et de la réglementation de l’écotourisme, et du développement des produits éco touristiques. Les politiques en la matière manquent de stabilité d’une part du fait de l’absence d’un noyau dur de professionnels du tourisme bien formés, et d’autre part à cause de la rotation des fonctionnaires entre les différents départements administratifs.

Lorsque les nouveaux fonctionnaires prennent leurs fonctions, ils passent un certain temps à engranger des informations sur le secteur avant de laisser la place à d’autres collègues qui eux aussi doivent apprendre comment fonctionne le tourisme avant d’être capables de s’occuper efficacement de son développement. »

À ces éléments s’ajoutent les questions de visibilité et ici, la commercialisation de l’éco-tourisme africain dépend encore largement des professionnels du marketing et de la communication. La pertinence des conclusions des mêmes experts de l’Organisation mondiale du tourisme est sans ambigüité : « La commercialisation conjointe de groupes et séries de produits, au nombre desquels des projets communautaires liés aux parcs naturels et aux autres attractions en Afrique, est un élément particulièrement important. Il y a beaucoup à gagner à recourir à une approche coopérative et coordonnée de la commercialisation des destinations. Il est important de créer une masse critique de produits de qualité pour pouvoir devenir une destination où il vaut la peine de se rendre. Le partage de la promotion commerciale permet de réaliser des économies d’échelle et de faire prendre conscience aux touristes et aux voyagistes de l’existence d’un large éventail d’attractions dans la zone concernée ; cela peut également avoir pour effet une prolongation de la durée des séjours, pour le plus grand bénéfice de la communauté et de l’industrie. »

 

 

 

 

 

 

 

 

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