Les économies des pays d’Afrique connaissent depuis quelques années une croissance soutenue. La Banque africaine de développement (BAD) prévoit d’ailleurs pour 2018 et 2019 une croissance de 4,1% du PIB du continent. Certes, pour soutenir cette croissance, les matières premières jouent un rôle primordial. Cependant, il y a lieu de relever que les services financiers, la construction, l’agriculture et la manufacture constituent autant de cibles dopées par le maintien d’une embellie durable.

 Un système financier dopé par les TIC

En même temps qu’il joue un rôle moteur pour la croissance économique du continent, le système financier constitue une niche importante pour les investisseurs. Le constat est du Parlement européen : les services financiers commencent à se développer rapidement en Afrique, souvent grâce à des modèles économiques novateurs prenant en compte la capacité financière réduite des consommateurs africains et faisant pleinement usage de la pénétration accrue des technologies de communication (floraison de start-ups et développement du mobile banking et de l’e-financing).

Selon une étude du cabinet McKinsey (2013), en 2025, le continent africain devrait voir l’Internet contribuer à hauteur de 300 milliards $ à son économie, dont 75 milliards de commerce en ligne, avec également 300 milliards $ de gains de productivité dans de très nombreux secteurs.

Déficit d’infrastructures à combler

 Continent relativement en friche, l’Afrique a d’importants besoins en termes de construction d’infrastructures : routes, ports, voies ferrées, aéroports, oléoducs, infrastructures de production et de transport d’énergie, et infrastructures de TIC. Ces constructions ont, en plus, la particularité de nécessiter d’importants financements que peuvent lui apporter les investisseurs. Selon la BAD, le continent doit investir entre 130 et 170 milliards $ par an dans ses infrastructures.

 Pour le Parlement européen, une forte dynamique existe en Afrique en faveur de la construction des infrastructures. L’étude menée par cette institution cite un rapport du cabinet de conseil EY57 qui souligne qu’en 2012, « plus de 800 projets infrastructurels étaient en cours en Afrique ».

La construction des infrastructures, révèle l’instance dans son étude, « dynamise en elle-même la croissance économique, par la création d’emplois et la génération d’une demande de matériaux et d’équipements de construction, puis des services de maintenance afférents ». En fait, conclut l’étude, « la construction des infrastructures peut faire office de catalyseur pour l’économie de par les importants investissements qu’elle suscite ».

Pour la création de grands espaces agricoles

 L’agriculture est un secteur sur lequel l’Afrique a toujours compté pour une croissance de son économie. Mais il devient urgent de passer à la modernisation de la production agricole et à l’expansion de l’industrie agroalimentaire. C’est ici que les investisseurs pourraient être d’un apport appréciable. La Banque africaine de développement (BAD) l’a bien compris et en a fait une de ses priorités et elle va, avec la Banque mondiale, investir 800 millions $ à travers le programme « Technologies pour la transformation de l’agriculture en Afrique ». Car, en effet, le continent regorge d’énormes atouts sur ce plan.

D’après les experts, l’Afrique possède environ la moitié des superficies arables non cultivées dans le monde et le potentiel de croissance du secteur est énorme. Selon des projections du cabinet Roland Berger, si certaines entraves sont levées, « la production agricole pourrait passer de 280 milliards de $ aujourd’hui à 880 milliards de $ d’ici 2030 ».

Nombre de gouvernements estiment que la modernisation de l’agriculture passe par le développement de grandes exploitations. Pour ce faire, ils confient l’exploitation de vastes étendues de terres à des multinationales agroalimentaires.

Pour des industries de transformation

 La manufacture est un secteur dans lequel les investisseurs peuvent tirer profit. Elle constitue en même temps un puissant levier de croissance économique pour les pays africains.

Il est à noter que la contribution de la production industrielle dans le PIB en Afrique est encore relativement faible. L’industrie se concentre en effet essentiellement dans des pays du nord de l’Afrique (Algérie, Égypte, Maroc et Tunisie), ainsi qu’en Afrique du Sud. L’industrie lourde y est présente à travers les industries pétrochimiques, ainsi que de transformation du charbon, du caoutchouc et du métal.

Constituée essentiellement du secteur de l’assemblage de voitures, l’industrie automobile s’est enracinée dans une petite douzaine de pays pour la plupart des nouveaux venus sur le marché. Seule l’Afrique du Sud a mené pendant 20 ans une politique de consolidation de son secteur automobile qui représente déjà 6 % de son PIB.

L’industrie agroalimentaire, la production de textile, de maroquinerie et de matériaux de construction, sont le fait d’usines de taille moyenne ou de plus petite dimension alors que le marché s’agrandit considérablement.

La transformation des matières premières agricoles constitue un filon dans lequel les investisseurs pourraient aisément s’engouffrer. Pour les experts, on pourrait aisément établir un lien entre le développement de l’agriculture et l’émergence d’une industrie de transformation.

Marge de progression dans les services

 Le secteur des services connaît la croissance la plus élevée dans la plupart des économies africaines. En 2015, les services participaient à la création du PIB à hauteur de 51 % et employaient 40 % de la population active, selon la revue Économies africaines. À lui seul, ce secteur a généré deux tiers de la croissance du PIB par habitant en Afrique au sud du Sahara de 1995 à 2011. Les experts estiment qu’il existe encore une bonne marge de manœuvre susceptible de combler les attentes des investisseurs.

Ainsi donc, tout en tirant profit de ses matières premières pour son émergence économique, l’Afrique met à contribution le système financier, les infrastructures de toutes sortes, l’agriculture, le secteur manufacturier et les services. Ces secteurs ont commencé à donner des fruits. Il ne fait pas de doute qu’ils seront déterminants dans les années à venir pour soutenir sa croissance, attirer les investisseurs et promouvoir un développement inclusif et durable.

Marc OMBOUI

 

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