Les Canadiens ont beaucoup entendu parler dernièrement du dynamisme du marché asiatique et des possibilités grandissantes d’expansion sur ce marché, ainsi que de l’importance du commerce nord-américain pour la prospérité du pays. Ces deux faits sont absolument exacts. Mais de nombreux Canadiens pourraient être surpris d’apprendre que, selon le Fonds monétaire international, six des dix économies les plus dynamiques du monde se trouvent en Afrique, notamment en Éthiopie, en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

Comme il existe une communauté afro-canadienne dynamique et entreprenante au pays, un engagement commercial stratégique, plus global et à plus long terme avec l’Afrique constitue un attrait indéniable pour le Canada, en plus de représenter un pilier important de notre stratégie de diversification du commerce. Selon la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, on peut s’attendre à une hausse de 20 % des investissements directs étrangers dans les économies africaines en 2018, et ce pour une valeur de 50 milliards de dollars. La possibilité offerte aux entreprises canadiennes de renforcer les liens interpersonnels est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles j’ai dirigé une délégation d’investisseurs canadiens et d’experts en développement au Forum sur l’investissement en Afrique, qui s’est tenu à Johannesburg, en Afrique du Sud, du 7 au 9 novembre dernier.

On s’attend à ce que la croissance économique rapide des marchés africains fasse doubler la demande globale d’énergie et tripler la demande en électricité d’ici 2030. Les entreprises canadiennes, grâce à leurs innovations technologiques remarquables et leur réputation en matière d’efficacité énergétique, de stockage efficace de l’énergie, de réseaux intelligents et d’électricité propre, sont bien placées pour profiter de ces occasions et mobiliser des fonds internationaux pour le financement de la lutte contre le changement climatique. Le Canada est déterminé à aider la région à réaliser son énorme potentiel économique et l’expertise canadienne en Afrique favorise également une croissance économique qui profite à tous.

Le Forum sur l’investissement en Afrique, organisé par la Banque africaine de développement, visait à réunir gouvernements, investisseurs, promoteurs de projets et secteur privé pour la signature de contrats. Il a fourni au Canada une excellente plateforme pour mettre en valeur son expertise dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, du financement de projets et de l’agriculture. Lorsque le Canada se tourne vers l’Afrique, il voit des opportunités de partenariat. Les liens entre le commerce et le développement en Afrique offrent aux entreprises canadiennes l’espace nécessaire pour élaborer des projets allant dans le sens des objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies. Et à titre de quatrième actionnaire de la Banque africaine de développement, le Canada est bien placé pour faire avancer de bons projets, c’est-à-dire ceux qui favorisent le renforcement du pouvoir économique des femmes et la création d’emplois pour les jeunes, en Afrique et ici même au pays.

Au Forum sur l’investissement en Afrique, j’étais fier d’assister à la signature d’un protocole d’entente entre le nouvel Institut canadien du financement du développement (FinDev) et la Banque africaine de développement. Cette collaboration, qui vise l’industrialisation durable de l’Afrique au moyen d’investissements du secteur privé axés sur les impacts du développement, s’appliquera à la lutte aux changements climatiques, à la création d’emplois et au renforcement du pouvoir économique des femmes. Ce programme est régi par la politique d’aide internationale féministe du Canada, dont le but est de réduire la pauvreté extrême et de créer un monde plus pacifique, plus inclusif et plus prospère. L’égalité entre les genres est au cœur de l’aide internationale du Canada et de ses politiques de promotion du commerce et de l’investissement.

Nous savons que le renforcement du pouvoir économique des femmes, des jeunes et des petites et moyennes entreprises crée un changement positif et profite à l’ensemble de l’économie. Nous savons aussi, grâce aux organisations et aux instituts de recherche comme le McKinsey Global Institute, que la promotion de l’égalité des femmes peut ajouter quelque 12 000 milliards de dollars, soit 11 %, à la croissance économique mondiale d’ici 2025, et que cela est probablement une estimation prudente.

Le Canada reconnaît et encourage les efforts déployés par de nombreux pays africains qui œuvrent pour l’égalité des genres, dont la Zambie, qui se pose en chef de file mondial à l’égard des mariages d’enfants, précoces et forcés, du Rwanda, où plus de 60 % des parlementaires sont des femmes, et de l’Éthiopie, qui s’est doté d’un cabinet paritaire et qui a une femme présidente et une autre femme juge à la Cour suprême pour la première fois.

Le Canada, avec la Sierra Leone et l’Islande, était fier de promouvoir la Déclaration commune sur le commerce et le renforcement du pouvoir économique des femmes (décembre 2017), adoptée par plus de 120 membres et observateurs de l’Organisation mondiale du commerce. La Déclaration vise à éliminer les obstacles au renforcement du pouvoir économique des femmes et à accroître leur participation au commerce international. Le Canada a parrainé le premier atelier à se tenir dans le cadre de la déclaration de l’OMC, plus tôt cette année, sur l’analyse sexospécifique des politiques commerciales.

Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour atteindre les objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies, notamment en ce qui concerne l’élimination de la pauvreté ainsi que la création d’emplois décents et d’une croissance économique.

Comme le Canada le sait bien, l’intégration régionale est essentielle afin d’accélérer la création d’emplois et de richesse en Afrique ; ces résultats ne peuvent que contribuer à la création de débouchés pour les femmes et les filles. Nous sommes fiers d’appuyer le Centre de politique commerciale pour l’Afrique, qui vise à renforcer la capacité de la politique commerciale de l’Afrique et qui a joué un rôle déterminant dans la progression du processus de négociation de la Zone de libre-échange continentale africaine. Sept pays africains ont déjà ratifié cet accord historique, et le Canada est prêt à aider le reste du continent à le mettre en vigueur.

Pour aider davantage les entreprises canadiennes à concurrencer et à se tailler une place dans cette région dynamique, le gouvernement canadien a négocié des accords de promotion et de protection des investissements étrangers (APIE) avec le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Sénégal et la Tanzanie. Ces accords encouragent l’augmentation des investissements bilatéraux entre le Canada et ces pays, contribuent à réduire les risques et renforcent la confiance des investisseurs dans ces marchés. Nous continuons à faire progresser les négociations sur les APIE avec d’autres pays africains.

Comme le continent africain, le Canada est entouré d’océans ; tous deux sont riches en côtes, en voies navigables et en pêcheries. Des océans, des mers et des voies navigables en bonne santé favorisent le bien-être économique, social et environnemental, et jouent un rôle important dans le système climatique mondial. Ils font vivre des communautés, maintiennent des emplois et assurent les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé humaine, la biodiversité, la prospérité économique et les modes de vie.

Nous sommes ravis d’avoir organisé la Conférence sur l’économie bleue durable avec le Kenya en novembre dernier, à Nairobi. Il s’agissait d’une occasion unique pour les entreprises et les chefs de gouvernement du monde entier de se réunir et de collaborer pour trouver le meilleur moyen de bâtir l’économie bleue et d’en tirer profit.

Voici par contre ce dont nous sommes sûrs : le commerce et les investissements permettent de bâtir une économie dynamique, et la diversification du commerce est le moteur de la croissance. Du Cap Breton au Cap, nous reconnaissons ce fait, que nous soyons du Canada ou du continent a

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