Nouvelles technologies : Un Eldorado nommé Afrique

À travers les fonds mobilisés et investis, la floraison des start-ups, l’Afrique connait depuis quelques années un boom des nouvelles technologies qui en fait un Eldorado pour les investisseurs.

Une étude McKinsey datant de 2013 révèle l’extraordinaire potentiel du numérique en Afrique : en 2025, le continent devrait voir l’Internet contribuer à hauteur de 300 milliards de dollars à son économie, dont 75 milliards de commerce en ligne, avec également 300 milliards de dollars de gains de productivité dans de très nombreux secteurs.

D’importants fonds mobilisés

Les nouvelles technologies connaissent un véritable boom en Afrique. Ceci est visible à travers les fonds mobilisés mais aussi la création d’entreprises. S’agissant des fonds mobilisés, Jeune Afrique rapporte que, selon une étude du fonds de capital-risque français Venture Partners, les sommes investies ont atteint le montant de 366,8 millions de dollars en 2016, contre 276,5 millions de dollars en 2015, soit une hausse de 30%.

En quatre ans, les investissements dans les nouvelles technologies à travers toute l’Afrique ont été multipliés par 8,7.

Une floraison de start-ups

L’expansion des nouvelles technologies est aussi perceptible à travers le nombre de créations d’entreprises : 77 start-ups lancées en 2016 contre 55 l’année précédente.

Les entreprises innovantes fleurissent en Afrique au sein de nouveaux hubs technologiques. GSMA, une association mondiale d’opérateurs de mobile, a mené en 2016 une étude qui établit à 314 contre seulement 120 l’année précédente, le nombre de tech-hubs qui utilisent les nouvelles technologies pour le développement de l’économie locale en Afrique.

Il y a cependant lieu de relever l’inégale répartition spatiale de ces hubs technologiques sur le continent : le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Égypte viennent en tête. Le Ghana, l’Ouganda, la Tunisie et le Sénégal. La troisième vague est constituée de l’Algérie et de Madagascar.

L’expansion du mobile banking

Pour Les Échos, « Fintelecom, agritech, meditech, drones : l’Afrique s’affiche bien souvent en première ligne lorsqu’il s’agit d’expérimenter les technologies les plus récentes ».
En ce qui concerne les usages proprement dits des nouvelles technologies, selon des études récentes, « l’Afrique est en pointe dans le mobile banking, avec, notamment, le succès du système M-Pesa en Afrique de l’Est. Dans cette région en effet, plus de 40% des adultes paient leurs factures par téléphone, contre 2% de moyenne mondiale.

Des contraintes persistent

Si l’on peut se réjouir du boom des nouvelles technologies en Afrique, il y a cependant lieu de relever que de nombreuses contraintes gênent encore le développement du numérique africain. On distingue, entre autres, la faiblesse du commerce intra-africain (- 18 % contre 69 % en UE ou 52 % en Asie), qui ne peut soutenir des investissements régionaux d’importance ; le retard ou l’insuffisance des infrastructures qui permettent l’accès au numérique.

Les experts soutiennent que ces contraintes ne sont pas insurmontables. D’ailleurs beaucoup de pays africains disposent désormais de plans dédiés au développement rapide du numérique.

Des majors du numérique s’impliquent

En plus de certaines entreprises déjà bien implantées comme Orange, MTN, Safaricom et Athos, l’Afrique peut maintenant se targuer d’accueillir des majors du numérique tels Microsoft, IBM, Huawei, Alcatel-Lucent ou même MasterCard. Ce qui permet de dire, sans hésiter, que les nouvelles technologies ont un bel avenir en Afrique. La multiplication d’un bout à l’autre du continent des hubs dédiés au numérique et à la diffusion d’un esprit « tech » est là pour en témoigner. Le cas de la Konza Techno City au Kenya est à ce point extrêmement édifiant.
Si l’optimisme est de mise en ce qui concerne le développement des nouvelles technologies en Afrique, des efforts doivent cependant encore être déployés pour démocratiser l’accès à l’Internet et développer le secteur des Télécoms et de la téléphonie mobile, condition sine qua non d’un éventuel mariage avec la FinTech.

Marc OMBOUI

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