Les entrepreneurs africains n’ont pas toujours eu la tâche facile au cours des dernières décennies. Pris entre des politiques publiques adossées aux matières premières et les géants des multinationales, les choix d’investir avec les moyens conséquents n’étaient pas nombreux. Aujourd’hui, avec la poussée tous azimuts de la classe moyenne, il n’est plus grand champ qui ne soit accessible pour faire des affaires.

Dans un article publié en 2016 dans la Revue congolaise de gestion, le chercheur François Ngangoue rappelait à juste titre que « la diversification macroéconomique est un processus de transformation structurelle d’une économie qui migre d’un tissu économique dominé par les secteurs d’activités primaires (ressources naturelles, agriculture, mines, etc.) vers les secteurs secondaires (industries de transformation, manufactures, etc.) et tertiaires (commerce, tourisme, etc.). Ce processus dynamique et normatif se caractérise par la réduction de l’importance relative de la contribution des secteurs primaires dans la création de la richesse de l’économie concernée. En cherchant les sources fondamentales de la croissance à long terme, la diversification économique s’impose comme l’un des facteurs de la croissance économique dans son ensemble. »

Ce changement de paradigme s’avérait déjà nécessaire dans les années de vaches grasses et les organismes de surveillance, dont les satellites des Nations-unies, indiquaient déjà que cette diversification économique était une urgence pour l’Afrique. Tous les rapports marquaient l’importance de politiques publiques dynamiques ciblées et un développement accéléré du secteur privé.

Publiée conjointement en octobre 2010 par le Bureau du Conseiller spécial de l’ONU pour l’Afrique, l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) et le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), programme de l’Union africaine (UA) en 2010, l’étude Economic Diversification in Africa: A Review of Selected Countries abordait des pistes de réflexion et mentionnaient six principaux « moteurs » de diversification.

  • Les gouvernements doivent établir un climat propice aux affaires, notamment un cadre réglementaire porteur, des mesures d’incitation pour le commerce international et une aide aux pôles économiques qui contribuent à la diversification.
  • En raison de sa taille modeste et de ses difficultés d’accès aux capitaux, le secteur privé de l’Afrique a besoin de l’appui des pouvoirs publics pour tirer parti des opportunités, stimuler l’innovation et élargir ses activités.
  • Le développement d’activités locales de transformation des ressources naturelles est de nature à stimuler la diversification et les recettes minières peuvent financer d’autres secteurs d’activité.
  • Pour compenser la taille modeste des marchés nationaux, l’intégration régionale est indispensable, notamment en vue d’atténuer les obstacles qui freinent les échanges régionaux et d’investir dans l’infrastructure régionale.
  • Les capacités institutionnelles et les ressources humaines doivent être renforcées.
  • Une plus vaste coopération internationale permettrait aux partenaires, émergents et de longue date, de développer les marchés d’exportation des produits africains par le biais d’accords commerciaux favorables et d’investissements dans l’infrastructure économique de l’Afrique.

Près d’une décennie plus tard, seuls quelques pays ont senti la nécessité d’effectuer ce virage et ont offert aux gens d’affaires un cadre propice à l’investissement. Il revient maintenant aux entrepreneurs africains de faire le nécessaire sans faire l’économie de la recherche de niches porteuses en fonction des besoins du marché et de son évolution. Prospérer dans la durée sera la démarche à suivre pour asseoir un socle permanent pour une économie variée. Cela passe par une acquisition de toutes les expertises nécessaires, de la mise en place des entreprises à une gestion conséquente.

La question du financement ne pourrait être évacuée non plus et de nombreuses voix s’élèvent pour conseiller l’exploitation maximale des outils disponibles. En visant les nouveaux marchés locaux et internationaux, les entrepreneurs africains doivent donc préserver ses parts de marchés actuels et en conquérir d’autres en accroissant et en diversifiant son offre. Ce qui appelle à renforcer les productions actuelles et créer de nouvelles productions.

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